Vérification d'une image

Cette image a-t-elle été générée par une IA ?

De plus en plus de générateurs signent leurs images. Nous lisons ces signatures, dans votre navigateur. Quand nous en trouvons une, elle est parlante. Quand nous n'en trouvons pas, cela ne prouve rien, et nous vous disons quoi faire ensuite.

Ce que nous vérifions

Un fichier image transporte, en plus des pixels, des informations sur sa fabrication. Plusieurs générateurs d'images y inscrivent désormais leur nom ou une déclaration normalisée. Notre outil lit le fichier octet par octet dans votre navigateur et recherche :

  • les Content Credentials, ou manifeste C2PA, un certificat de provenance signé que posent notamment OpenAI, Adobe Firefly, Google et Microsoft sur les images produites par leurs outils ;
  • le type de source numérique IPTC, un vocabulaire standard des agences de presse dont la valeur trainedAlgorithmicMedia signifie « créé par une IA entraînée », utilisé entre autres par Midjourney, Meta et Google ;
  • les paramètres de génération que les logiciels libres comme AUTOMATIC1111, Forge, ComfyUI, InvokeAI ou NovelAI écrivent dans les fichiers PNG : prompt, modèle, graine, nombre d'étapes ;
  • les champs EXIF et XMP classiques, comme le logiciel déclaré, la marque et le modèle de l'appareil photo ;
  • le nom du fichier, que certains services composent de façon reconnaissable. C'est un indice faible, puisqu'il suffit de renommer le fichier.

Ce que vaut une signature trouvée

Une déclaration d'IA dans les métadonnées est un indice fort : personne n'a intérêt à marquer une vraie photographie comme générée, et ces champs sont écrits automatiquement par le générateur au moment de l'export. Ce n'est pas pour autant une preuve cryptographique. Nous lisons le contenu du manifeste C2PA sans vérifier sa signature. Pour cette vérification complète, déposez le même fichier sur l'outil officiel Content Credentials Verify.

Pourquoi l'absence de signature ne prouve rien

C'est le même raisonnement que pour notre détecteur de texte, et il est encore plus vrai ici. Les métadonnées disparaissent au moindre détour :

  • les réseaux sociaux et la plupart des messageries les suppriment à l'envoi ;
  • une capture d'écran produit un fichier neuf, sans rien de l'original ;
  • un simple réenregistrement dans certains logiciels, ou un outil de nettoyage, les efface ;
  • de nombreux générateurs, en particulier les modèles ouverts utilisés en ligne, n'écrivent rien du tout.

Une image sans signature peut donc parfaitement être générée. À l'inverse, des métadonnées d'appareil photo ne prouvent pas qu'une image est authentique : elles se copient et se modifient avec des outils gratuits.

Que faire si nous ne trouvons rien

Chercher un filigrane invisible

Google marque les images produites par ses modèles avec SynthID, un filigrane caché dans les pixels eux-mêmes, qui résiste au recadrage, à la compression et à la capture d'écran. Il ne se lit pas dans les métadonnées : il faut déposer l'image dans l'application Gemini et lui demander si elle a été créée avec l'IA de Google. Cette vérification ne vaut que pour les modèles de Google.

Remonter à la source

Une recherche d'image inversée, avec Google Lens, Bing ou TinEye, retrouve souvent la première publication d'une image. Un compte qui publie des créations générées, un article de vérification ou une version en meilleure qualité avec ses métadonnées intactes répondent parfois à la question mieux que n'importe quel détecteur.

Regarder l'image de près

Les défauts classiques des images générées restent utiles à connaître : mains et doigts mal formés, texte illisible sur les panneaux et les étiquettes, bijoux et lunettes asymétriques, reflets et ombres incohérents, arrière-plans qui se dissolvent, peau trop lisse. Mais les modèles de 2025 et 2026 ont corrigé la plupart de ces erreurs. Leur présence est un indice, leur absence ne dit plus rien.

Replacer l'image dans son contexte

Qui la publie, à quelle date, pour raconter quoi ? Une image spectaculaire d'un événement que personne d'autre n'a photographié, un lieu impossible à retrouver sur une carte, une scène dont aucun média sérieux ne parle : ces questions de vérification journalistique restent les plus fiables.

Pourquoi nous ne proposons pas de détecteur « à l'œil »

Il existe des classifieurs qui prétendent reconnaître une image générée à partir de ses seuls pixels. Nous avons mesuré ce que vaut ce genre d'approche pour le texte, et le constat est sévère : ils ratent les modèles récents et se trompent sur des contenus authentiques. Tant que nous ne pourrons pas publier pour les images un taux de fausses alertes mesuré, comme nous le faisons pour le texte, nous nous en tiendrons à ce qui est vérifiable : les signatures que les générateurs posent eux-mêmes.

Analyser un texte

Questions fréquentes